Caractérisation génétique et phénotypique des souches d'Erwinia amylovora, agent causal du feu bactérien chez les rosacées

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Date

2026

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Publisher

Mohammed SEBAIHIA

Abstract

La bactérie Gram-négative Erwinia amylovora est l’agent responsable du feu bactérien, l’une des maladies les plus dangereuses affectant les plantes de la famille des Rosacées. Depuis sa première détection en Algérie en 2010, la maladie s’est propagée dans plusieurs régions du pays et a causé d’importants dégâts. Le but de cette étude était de caractériser, sur les plans phénotypique et génotypique, les souches d’E. amylovora associées au feu bactérien en Algérie. Durant la période entre 2016 et 2021, des échantillons ont été prélevés dans des vergers situés dans différentes wilayas : Chlef, Aïn Defla, Tipaza, Blida, Sétif, Mila et Constantine. Au total, 18 isolats bactériens ont été confirmés comme étant E. amylovora par PCR conventionnelle et PCR en temps réel. Elles ont ensuite été soumises à plusieurs tests pour une caractérisation phénotypique : analyse des profils d’acides gras, tests de virulence, caractérisation biochimique et analyse de la cinétique de croissance. Pour la caractérisation génotypique, une PCR duplex a été réalisé pour détecter la présence du plasmide ubiquitaire pEA29 et le plasmide pEI70, ainsi qu’une analyse VNTR, une analyse MLST suivie d'une analyse phylogénétique à partir des séquences concaténées des gènes ciblés. Un génotypage CRISPR a également été effectué sur la base des séquences de trois régions CRISPR. Les 18 souches analysées ont montré quelques différences phénotypiques, notamment au niveau de la cinétique de croissance. Selon leur virulence sur des poires immatures, elles ont été réparties en trois groupes. L’analyse des profils d’acides gras a permis de distinguer également trois groupes, probablement liés à leur origine d’isolement. L’analyse globale des données phénotypiques (Analyse Factorielle Multiple) a permis d’identifier cinq groupes distincts. L’analyse génétique a montré qu’une seule souche ne possède pas le plasmide pEA29 ; il s’agit de la souche la moins virulente, et aucune ne contient le plasmide pEI70. Les analyses MLST et VNTR ont montré une forte homogénéité entre les souches, ce qui n’a pas permis de les différencier efficacement. L’arbre phylogénétique a regroupé les souches algériennes au sein du clade largement prévalent à l’échelle mondiale. Le génotypage CRISPR a révélé trois génotypes : un déjà connu (4-24-38/Aaα), présent chez la majorité des souches, et deux nouveaux, l’un correspondant à la souche EA55 (4-29-38/Aeα), et l’autre à la souche EA54 (NP-24-38/naα). Un nouveau motif CR1 a également été détecté. En conclusion, il s’agit de la première étude en Algérie qui combine une analyse phénotypique, génétique et phylogénétique des souches d’E. amylovora. Elle permet de proposer une voie possible d’introduction d’E. amylovora dans le nord du pays. Les résultats indiquent que les souches partagent un ancêtre commun, probablement originaire du Nord de l’Italie, et qu’elles ont été introduites en Algérie à la suite d’un ou de plusieurs événements d’introduction, avant de se disperser dans différentes régions.

Description

THÈSE Présentée pour l’obtention du diplôme de DOCTORAT Filière : Biologie Spécialité : Génomique Microbienne

Keywords

Erwinia amylovora, feu bactérien, virulence

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